On connaissait le diwan algérien et la lila de derdeba marocaine, deux traditions liées aux rites de possession musico-thérapeutique pratiquées par les communautés noires installées dans le Maghreb. On découvre le stambeli de Tunisie, un culte des génies lié aux anciens esclaves et migrants venus d’Afrique subsaharienne.
Moins documenté, pas moins passionnant, ce syncrétisme religieux entre figures du monothéisme et esprits animistes emprunte les mêmes voies musicales que les sinueuses venelles dans lesquelles s’enfoncent les Gnawas. Rythmées par les percussions métalliques et le luth basse à trois cordes, ces cérémonies longtemps confinées au secret dévoilent des choeurs de voix, toutes tournées vers la transe, du spirituel au charnel. Ce que démontre ce passionnant document, qui bénéficie d’un livret richement iconographié. Essentiel.